Un pétrolier chinois attaqué par méprise par les Houthis en mer Rouge ?

Huang Pu

Le Huang Pu, ex-Anavatos II, appartient depuis février 2024 à la société Hera Gam. Le pétrolier de 115.459 tpl a été construit en 2009 et navigue sous pavillon panaméen.

Crédit photo ©VesselJoin
Les rebelles houthis ont attaqué, le 23 mars, le pétrolier chinois Huang Pu, au moyen de missiles balistiques, dont un a touché le navire. Cet énième assaut survient quelques jours à peine après une révélation de Bloomberg selon laquelle un accord politique aurait été conclu entre le mouvement d'opposition yéménite d'un côté et la Russie et la Chine de l'autre.

L'information, rapportée par Bloomberg le 21 mars, selon laquelle les Houthis auraient conclu un accord politique avec des diplomates russes et chinois monnayant le passage dans des conditions de sécurité des navires de leur pavillon respectif contre blocage si nécessaire de résolutions au Conseil de sécurité des Nations unies, se verrait presque démentie.

Le pétrolier (115 500 tpl) Huang Pu, battant pavillon panaméen et propriété de la société chinoise Hera Gam depuis peu (février 2024) qui en assure la gestion commerciale et technique, a été frappé à 23 milles nautiques à l'ouest de la ville de Mokha. Le navire a été touché par le cinquième tir d'un raid de plusieurs missiles balistiques antinavires, selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom)

Le tanker avait émis un signal de détresse le 24 mars au matin, mais sans solliciter d'aide, tandis que l'attaque n'a pas été revendiquée, a précisé l'agence de sécurité maritime britannique (UKMTO).

D'après le site de suivi des navires Marinetraffic, le navire a quitté la mer Rouge pour rejoindre le golfe d'Aden, en direction de son prochain port d'escale, New Mangalore, en Inde.

Erreur de destination

Selon la société de sécurité maritime Ambrey, le récent changement de propriété pourrait expliquer cette méprise alors que jusqu'à présent, les navires battant pavillon russe et chinois ont été relativement épargnés par les agressions  incessantes dans la région depuis la mi-décembre.

Le navire a en effet été enregistré en 2019 sous la propriété de Union Maritime, une société britannique dont un navire a déjà fait l'objet d'attaque de la part de la faction houthie.

Aussi, les navires de la flotte chinoise délivrent, par leur AIS, des informations relatives à leur propriété, à la nationalité de leur équipage, et à leur destination comme les Houthis avaient demandé de le faire pour ne pas subir leurs tirs.

Dans des médias russes, un porte-parole des Houthis avait répété en janvier que les navires russes étaient en sécurité tant qu'ils n'étaient pas directement affiliés à Israël, sous quelle que forme que ce soit. L'avertissement est valable pour tous les navires. Mais leurs données semblent erronées si bien que certaines attaques semblent a posteriori relever de l'erreur de ciblage.

Sans relâche

En dépit du déploiement de forces marines internationales, la dissuasion ne semble pas fonctionner pour l'heure. Les Houthis ne manifestent aucun signe d'essouflement.

Au cours de son premier mois d'opération, la mission européenne Aspides (de sécurisation du passage) a escorté 35 navires marchands, abattu huit drones et déjoué trois tenatives menaçantes selon les données officielles.

Le Commandement central des États-Unis fait quotidiennement état de tirs et de répliques.

Il y a quelques jours, la milice politique proche de l'Iran, qui profite d'une exposition médiatique sans précédent, a averti qu'elle allait désormais perturber le transport maritime détourné. Soit le long des côtes africaines où une bonne partie de la flotte mondiale s'est retranchée pour regagner l'Asie

Adeline Descamps

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