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Le port de Strasbourg étudie la réalisation d’un nouveau terminal ferroviaire

Le port autonome de Strasbourg (PAS) veut doubler son trafic ferroviaire d’ici 2030 et estime avoir besoin, pour cela, d’une nouvelle infrastructure qui serait une extension du terminal à conteneurs sud. Des études sont lancées pour une durée de deux ans. Le port réfléchit aussi à des « solutions de ferroutage » qui prendraient d’abord la forme d’expérimentations. 

« Le transport ferroviaire est un axe majeur pour le port autonome de Strasbourg et nous visons à le développer. Nous avons l’objectif stratégique de doubler le trafic de fret ferroviaire. Mettre en œuvre cette stratégie passe par des études que nous avons déjà menées et d’autres que nous lançons ce mois-ci », a déclaré Anne-Marie Jean, présidente du PAS, lors d’une conférence de presse le 29 novembre 2021.

L’ambition de ce port s’inscrit dans le cadre général de la stratégie nationale du fret ferroviaire (doubler la part modale de ce mode à l’horizon 2030 en France, soit 18 % au lieu de 9 %) ainsi que dans les objectifs du « Paquet » européen « Fit for 55 » (diminuer de 55 % les émissions de GES en 2030 par rapport à 1990, atteinte de la neutralité carbone en 2050) .

« Les études que nous lançons visent à avoir un nouveau terminal ferroviaire zéro émission. C’est très ambitieux mais cohérent avec la politique du port et de l’Eurométropole dont je suis vice-présidente. Avec ce nouveau terminal, le PAS souhaite être au rendez-vous des enjeux de décarbonation du transport de marchandises, des innovations, du respect de la qualité de l’air, du développement des alternatives à la congestion routière. Il s’agit aussi de renforcer nos liens avec les corridors multimodaux européens en favorisant la transition énergétique de la logistique des entreprises installées sur le port », a ajouté Anne-Marie Jean.

Les entreprises du port « sont en attente de solution de ferroutage »

La parole a ensuite été donnée à Frédéric Doisy, directeur général délégué du PAS, qui a rappelé la dynamique ferroviaire déjà à l’œuvre avec actuellement 17 liaisons hebdomadaires reliant Strasbourg à Anvers, Rotterdam, Zeebrugge… mais aussi vers des destinations françaises en passant par Gevrey.

Le trafic ferroviaire atteint 1,3 millions de tonnes au PAS avec les conteneurs en tête suivis de l’acier puis des céréales. Le trafic fluvial représente 8 millions de tonnes au PAS.

Le port dispose de 105 km de réseau ferré, 16 ITE actives, réalise 25 000 manœuvres par an dans la ZIP. Il consacre 2 millions d’euros par an à l’entretien, la maintenance et l’exploitation du réseau ferré portuaire auxquels s’ajoutent 3 millions d’euros (avec des co-financements) à des travaux récents dans sa gare de triage (électrification, automatisation).

Il a aussi financé la réalisation d’une étude en 2019-2020 sur les potentiels de croissance du transport conventionnel de fret ferroviaire ainsi que du combiné rail-route, celui-ci étant pour le moment absent à Strasbourg.

Selon Frédéric Doisy : « Les résultats de l’étude montrent que nous avons encore un potentiel de croissance vers Anvers et Rotterdam mais aussi vers les ports français de Marseille, du Havre et de Dunkerque avec lesquels nous menons des discussions.

Il y a aussi les trains de la nouvelle Route de la Soie arrivant à Duisbourg où l’on nous dit qu’à terme, il va y avoir la possibilité de réaliser des trains complets de conteneurs à destination de la France ; nous devons nous préparer à les accueillir.

L’étude nous a aussi appris que le marché attendait des solutions de ferroutage ou combiné rail-route pour transporter soit des caisses mobiles seules soit les poids lourds avec leur remorque, ce qui nécessite toutefois des manutentions particulières dont nous ne disposons pas actuellement à Strasbourg. Nous envisageons la réalisation d’expérimentations de combiné rail-route pour tester les solutions possibles, en commençant à réaliser des trains mixtes, conteneurs et caisses mobiles ».

Selon le directeur général délégué du PAS, les entreprises du port « sont en attente de solution de ferroutage », citant les solutions Lohr ou CargoBeamer. Il reste à identifier les flux, les destinations… « pour voir comment les massifier ».

L’ambition de doubler la part du fret ferroviaire du PAS repose donc sur la mise en place à l’avenir de davantage de liaisons comme celles déjà existantes (conventionnelles, conteneurs et vracs) mais aussi le lancement de liaisons de transport combiné rail-route.

De 17 liaisons hebdomadaires en 2021, la direction prévoit de passer à 23 en 2025 puis 30 en 2030 qui se répartirait en 10 vers Anvers, 5 vers Rotterdam, 5 passant par Gevrey, 10 « nouvelles liaisons ».

Un nouveau terminal ferroviaire « zéro émission » dès sa conception

Pour réaliser concrètement cette ambition, la direction estime avoir besoin d’une nouvelle infrastructure, qui va être une extension sur 4,2 ha du terminal à conteneurs sud. Celui-ci est le site « historique » du PAS depuis 1969. Il est trimodal.

C’est une étude menée en 2020 qui a conduit à ce choix d’un site (alors qu’au départ, il y a en avait 18 en lice) « favorisant des synergies entre le rail et le fleuve, rendant possible une capacité-cible de 10 à 20 trains par semaine », a indiqué Emilie Gravier, directrice du développement du PAS.

Des études sont lancées depuis ce mois de novembre 2021 pour une durée de deux ans sur ce projet de nouveau terminal ferroviaire qui prévoit 2 voies ferrées de 750 mètres, l’allongement du mur de quai sur 140 mètres, l’installation d’une grue-portique trimodale, l’utilisation de Reachstackers. Cette étude comprend aussi un volet environnemental pour réaliser un terminal ferroviaire « zéro émission ».

« Les études vont durer deux ans pour une fin prévue à l’été 2023. Il s’agit de réaliser toutes les études classiques et administratives nécessaires à la réalisation d’une telle infrastructure, a précisé Emilie Gravier. Nous avons aussi prévu des études sur comment réaliser un terminal zéro émission dès sa conception. Cela implique de regarder précisément comment « décarboner » un terminal, par exemple, cela peut concerner l’utilisation de l’électricité et de l’hydrogène pour les Reach Stackers, pour les poids lourds. Cela signifie voir si des systèmes d’informations peuvent optimiser les flux et les réduire. C’est peut-être aussi prévoir un hub énergétique pour les bateaux fluviaux, etc. C’est toute les thématiques pour concevoir un terminal qui soit zéro émission ».

Le coût des études atteint 1,7 millions d’euros avec des co-financements confirmés du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) de l’Union européenne (50 %) et du plan de Relance de l’Etat (20 %). D’autres sont en attente de confirmation de la région Grand Est, de la collectivité européenne d’Alsace et de l’Eurométropole de Strasbourg (respectivement 3,33 %). Le port prend en charge 20 % du total.

Si tout se déroule conformément au planning prévu, la construction pourrait démarrer avant la fin 2023 pour une mise en service du nouveau terminal ferroviaire en 2026.

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