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Promofluvia, tour de contrôle du fluvial sur le bassin Rhône-Saône

Entre la fin de l’attestation spéciale passagers (ASP), la gestion du simulateur, une exposition et les actions de lobbying, entouré d’une équipe active, le président de Promofluvia, Gilles Durel, ne chôme pas. Précisions à l’occasion de l’assemblée générale de cette association dédiée à la promotion du fluvial sur le bassin Rhône-Saône-Méditerranée mi-mai 2022.
Quarante ans que l’association Promofluvia s’active sur tous les fronts du fluvial du bassin Rhône-Saône-Méditerranée et pour fêter cet anniversaire, l’association lyonnaise donne rendez-vous, le 4 octobre 2022, dans ses locaux situés dans le port de Lyon-Edouard Herriot. Qu’on se le dise ! Le 12 mai 2022, les membres de cette association se sont réunis en assemblée générale ordinaire, validant un rapport moral dense. Au sortir de deux années d’activités en pointillé, Promofluvia retrouve sa dynamique sur le fil de l’actualité. Outre leurs actions de communication et de médiation, les membres doivent faire face à certaines difficultés telles que les nouvelles mesures relatives aux formations et une difficile gestion du simulateur de navigation. Cet outil de formation à la navigation fluviale, unique et performant, accuse un important déficit. « Cette année, il n’a été utilisé qu’un seul jour contre 18 jours d’interventions pour entretien et dépannage. Son déficit pèse plus de 18 000 euros pour l’association, chargés de sa gestion. Si la CNR, Promofluvia et Voies navigables de France se sont engagés à couvrir le déficit pour 2021 et 2022, nous n’excluons pas de prendre des décisions importantes comme l’arrêt du simulateur ou « sa mise en cocon » à compter de 2023 », alerte Gilles Durel, président de Promofluvia. « Le fluvial reste aujourd’hui le dernier mode de transport qui n’utilise pas d’outil de simulation. Nous avons un léger espoir avec la nouvelle directive européenne qui autorise de passer certaines épreuves pratiques sur simulateur même si, pour cela, il faudra qu’il soit agréé ». Créé à la demande de la profession conséquemment à des accidents, le tarif d’une journée de formation s’élève à 1500 euros pour 4 personnes. Ces sessions sont souvent financées par la Compagnie fluviale de transport (CFT), des compagnies de croisière ou via la formation initiale de pilote, proposée au lycée de Montélimar.

Un titre d’expert remplace l’ASP

Un autre enjeu pour l’association est la fin de l’attestation spéciale passagers (ASP) qui représente l’essentiel des recettes de l’association. Ce titre sera remplacé par une nouvelle formation qui délivrera un titre d’expert en navigation avec passagers. Selon Gilles Durel, cette certification devrait être plus difficile à mettre en œuvre pour l’association. La situation est d’autant plus tendue pour Promofluvia qui devra mettre en place, dès le 30 juin, la nouvelle adaptation française des textes, sortie le 24 mai. « Nous allons tout faire pour mettre l’association en ordre de marche mais, dans l’intervalle, nous devons accueillir une recrudescence de demandes du fait de ce changement ». Au compte des réussites de l’association, Gilles Durel se félicite de leur nouvel outil de médiation : « 2021 restera une année exceptionnelle dans le domaine de la communication. Promofluvia s’est dotée d’une exposition historique sur la navigation et l’aménagement du Rhône et de la Saône ». L’exposition « Du tronc darbre au bateau du futur » (voir article de NPI) est axée sur l’innovation. Après un mois au musée d’histoire de Lyon-Gadagne, elle intéresse de nombreuses mairies et établissements scolaires. « Le but était de remplacer nos panneaux obsolètes et difficilement manœuvrables. Cette exposition pourra faire l’objet de projets pédagogiques intéressants ». Pour un coût de 30 000 euros, l’exposition a été financée à 80 % par l’Etat, la Compagnie nationale du Rhône, les régions Aura et Paca, VNF.

L’importance du lobbying

Toute l’année 2021, Anne Estingoy, vice-présidente au transport de Promofluvia, a prêté sa plume au service d’un lobbying coopératif au sein d’organisations engagées au niveau national. Elle rappelle le besoin de se mobiliser : « Pendant plus de 20 ans, les acteurs du fluvial ont mis en avant les atouts considérables du transport fluvial au regard du défi climatique. Pourtant malgré un contexte politique apparemment favorable - fameux discours de Jacques Chirac du 2 septembre 2002 au IVème sommet de la Terre -, lEtat français ne sest pas beaucoup intéressé au transport par voie d'eau. Et, en dehors de quelques secteurs, historiquement clients du fluvial, le monde de l'entreprise ne s'y est guère intéressé non plus ». Avec Agir pour le fluvial (APLF), Promofluvia a contribué à diverses communications auprès des membres du gouvernement plaidant pour une meilleure prise en compte du mode fluvial notamment dans le cadre de la loi climat et résilience ou pour participer à la concertation dans le cadre de la COP 21. D’autres courriers ont alerté VNF et le ministère sur les risques que présenterait le projet d’extension aux ports intérieurs de la convention collective nationale des ports maritimes dans le cadre de la mise en place de Haropa. Promofluvia s’est positionné aussi sur la nécessité de maintenir le projet Saône-Moselle/Saône Rhin dans le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) et compte intervenir, après les législatives, auprès du prochain gouvernement. Les membres de Promofluvia ont maintenu leurs participations locale et régionale au sein de la CCI de Valence, dans trois commissions de la CNR ou lors d’événements comme Riverdating ou les colloques « Vert le fluvial » où ils « défendent l’intérêt général ». L’association a signé « l’Appel du Rhône » pour une reconnaissance juridique du fleuve et prône l’ouverture du bassin « pas uniquement pour les grands gabarits ». L’association a repris le rythme de ses « 5 à 7 », des rencontres animées par des intervenants. Le dernier rendez-vous a abordé le transport des matières dangereuses pour lequel le fluvial doit « jouer un rôle crucial sur le plan de la sécurité ». Le prochain est prévu le 30 juin avec une table ronde sur le « système portuaire lyonnais et ses zones d’influence ».

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