Les sites du groupe Info6TM

Magazine

Les particularités de l’axe Nord

Entretien avec Pierre Bergès, délégué général au développement de l’axe Nord, qui revient sur les actions menées et celles à venir ainsi que sur les particularités de cet ensemble géographique. Un article extrait du dossier spécial « axe Nord » du magazine juillet-août-septembre 2022 de NPI.
Pierre Bergès exerce auprès du préfet de la région des Hauts-de- France, avec trois missions : coordination des services de l’Etat dans la préparation au canal Seine-Nord Europe, suivi des conséquences de la sortie de la Grande- Bretagne de l’Union européenne (Brexit), renforcement de la coopération interportuaire et logistique. Pour cette dernière mission, il a été nommé délégué général au développement de l’axe Nord auprès du conseil de coordination interportuaire et logistique de l’axe Nord (CCILAN). Le CCILAN a pour objet de structurer l’axe Nord dans sa dimension logistique en industrielle en assurant la coordination entre ses différents membres, décideurs privés et publics (Etat, collectivités territoriales, CCI régionale, ports maritimes de Boulogne-Calais et de Dunkerque, gestionnaires d’infrastructures routières, fluviales et ferroviaires). Ce comité, présidé par le préfet de région, accueille aussi des représentants des deux autres axes (Seine et Rhône-Saône-Méditerranée) et de Haropa. Pour Pierre Bergès : « Une particularité forte de l’axe Nord, par rapport aux deux autres axes, est d’être situé dans une seule région, les Hauts-de-France. Une autre est d’être à la fois un espace géographique spécifique, carrefour nord-ouest européen maillé d’infrastructures très denses et de réseaux fluviaux et ferroviaires très importants, et une communauté d’acteurs structurée ». L’enjeu est de développer « une politique d’axe décentralisée » entre l’État, « une région très investie dans les sujets portuaires, logistiques et de transport et des partenaires privés engagés dans une forte dynamique de coopération au sein de la fédération Norlink ».

Bilan et perspectives

Les membres du CCILAN ont adopté un plan de 32 actions pour la période 2020-2025 avec l’ambition générale de « renforcer la compétitivité des solutions multimodales » dans la région. Parmi les actions, « celles accompagnant la réalisation du Brexit ont été particulièrement mobilisantes sur la période récente avec de vrais succès qui ont démontré la capacité d’adaptation des acteurs de l’axe Nord, administrations publiques et opérateurs privés, à des circonstances hors norme » : les flux n’ont pas connu d’interruption entre le continent et le Royaume- Uni le 1 janvier 2021 et aujourd’hui 9 camions sur 10 franchissent la frontière sans arrêt grâce à la réalisation anticipée de leurs procédures douanières et sanitaires (« frontière intelligente »). « Les échanges et travaux conduit dans le cadre du CCILAN ont permis d’inscrire les investissements dans les infrastructures régionales dans une perspective cohérente de reconquête portuaire et de développement du report modal » : les travaux du canal Seine-Nord Europe ont commencé, la remise en navigation de Condé- Pommeroeul est bientôt achevée, le « nouveau » port de Calais a été inauguré en septembre 2021 et a vu l’arrivée d’Irish Ferries aux côtés de DFDS et P&O. Il y a eu les extensions des terminaux à conteneurs de Valenciennes et de Dunkerque. Ce dernier port enregistre une progression de son trafic conteneurs et poursuit le projet « Cap 2020 ». Les Ports de Lille ont dépassé les 9 Mt de marchandises. Pour l’avenir, le préfet de région Georges-François Leclerc, lors de la réunion du CCILAN le 29 juin 2022 a relevé : « Les ports représentent une chance pour la région et il est nécessaire de concentrer les investissements et de fédérer les énergies pour les transformer en « miracles de croissance ». Lors de cette réunion, il a aussi été rappelé la volonté de lancer « un nouveau souffle de coopération » en lien avec la phase 2 de Norlink. Pierre Bergès indique que « le foncier fait l’objet d’une attention forte pour concilier les besoins pour la logistique et une approche économe des espaces naturels ». Une étude, finalisée, dresse un catalogue du foncier disponible et de ses caractéristiques (raccordement au rail, au fleuve...) et constitue une base de données pour les collectivités territoriales. En conclusion, Pierre Bergès revient sur Seine-Nord Europe : « Nous sommes tous totalement investis, avec la société de projet, VNF et les partenaires belges pour sa réussite. Le futur canal à grand gabarit sera le chaînon clé d’une future liaison internationale à grand gabarit Seine-Escaut. Des acteurs se préparent déjà et il faut aller plus loin pour que le plus grand nombre d’investisseurs intègrent ce projet unique dans leurs perspectives de développement ».

Dossier

Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client abonnements@info6tm.com - 01.40.05.23.15