Mer Rouge : endommagé par une attaque des Houthis le 19 février, le rubymar a coulé

Rubymar

C'est le premier dommage matériel irréversible engendré par la situation en mer rouge. Et ce, en dépit des attaques incessantes des Houthis contre la marine marchande. Le gouvernement au Yémen a annoncé que le vraquier chargé d'engrais avait coulé dans la soirée du vendredi 1er mars. Les autorités n'excluent pas désormais une catastrophe environnementale.

Les dernières informations avérées concernant le Rubymar, ce vraquier dit de propriété britannique touché par deux tirs de missiles le 19 février, remontent à la semaine dernière alors qu'une nappe de pétrole s'était déjà répandue sur 39 km suite à une fuite du bunker qui contenait 200 t de fuel et 80 t de diesel.

Le gouvernement au Yémen a annoncé dans la soirée du vendredi 1er mars que le navire avait coulé. « Le Rubymar a coulé vendredi soir alors que des vents forts secouaient la zone », a annoncé la cellule de crise du gouvernement yéménite, qui n'exclue pas le risque d'une double pollution dans ses eaux territoriales avec, en sus, le déversement de sa cargaison de 22 000 t d'engrais à base de sulfate de phosphate d'ammonium.

Le gouvernement du Yémen, soutenu par l'Arabie saoudite, s'en était déjà préoccupé la semaine dernière et avait sollicité l'aide des Nations unies pour prévenir tous dommages,

Selon l'agence de sécurité maritime UKMTO, sous tutelle de la marine britannique, le navire se trouvait à 35 milles nautiques (65 km) du port yéménite de Mokha (sud-ouest).

Attaque à deux coups

Parti des Émirats arabes unis le 8 février, attendu en fin de ce mois-là dans le port bulgare de Varna, le Rubymar, propriété de Golden Adventure Shipping et géré par la société libanaise GMZ Ship Management, avait fait l'objet d'une attaque à deux coups dans le golfe d'Aden, revendiquée par les Houthis. Son affiliation britannique (non avérée) avait été sous-entendue par la faction houthie

Le premier tir l'avait endommagé sur son flanc, provoquant une entrée d'eau dans la salle des machines et l'affaissement de sa poupe. Le second avait touché le pont mais sans causer de dégâts majeurs, affirmait alors le courtier en affrètement du navire Blue Fleet. Roy Khoury, son directeur général, avait indiqué le 22 février que le vraquier devait être remorqué, une fois la brèche dans la coque colmatée, vers le port le plus sécure. L'équipage avait pu être évacué sain et sauf et rapatrié par avion.

C’est la première « victime matérielle collatérale » depuis le début des attaques (incessantes) en mer Rouge de la faction houthie contre les navires marchands en soutien au Hamas palestinien dans sa guerre contre Israël. Jusqu'à présent, et de manière tout à fait chanceuse, elles n'ont pas fait de victimes humaines et n'avaient causé ni dommages irréversibles au navire ni « désastre environnemental ». Jusqu'à ce 1er mars peut-être.

Adeline Descamps

 

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