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Pilotage : une activité stable et un besoin de recrutement qui va aller croissant

Le 105è congrès de la fédération française des pilotes maritimes (FFPM) a eu lieu à Paris du 14 au 16 mai 2019. L’occasion de présenter le bilan de l’activité des stations en 2018, marqué par une stabilité, et les dossiers importants du moment comme des besoins en recrutement qui vont croître.

« L’activité du pilotage en 2018 se caractérise par une stabilité des chiffres par rapport à 2017. Il en va de même pour l’effectif des pilotes maritimes », a expliqué Jean-Philippe Casanova, président de la fédération française des pilotes maritimes (FFPM), lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion du 105ème congrès de ce syndicat professionnel, le 16 mai 2019.

En 2018, le nombre de navires pilotés s’est établi à 105 184 opérations, en comptant les entrées, sorties et mouvements, soit +0,6 % par rapport à 2017, une progression pour la troisième année consécutive mais « moins significative que par le passé ». Ce total se répartit entre 91 859 opérations en métropole qui tire la croissance de l’activité, et 13 325 opérations en Outre-mer où les entrées, sorties et mouvements sont étales comparativement à 2017.

La stabilité de l’activité s’accompagne d’une légère baisse du volume piloté au niveau national de -1,7 %, qui repasse ainsi sous la barre des 4,6 milliards de m3. Le volume moyen des navires pilotés dans les grands ports maritimes marque le pas à 45 900 m3 au lieu de 46 169 m3 en 2017 et ne dépasse pas les 40 000 m3 pour les autres ports. Cela entraîne « naturellement » un fléchissement du volume moyen de 44 400 m3 à 43 400 m3. Le recul du volume s’explique aussi par le gigantisme des navires (20 000 à 22 000 EVP), a précisé Christophe Reux, secrétaire général de la FFPM, donc moins d’arrivée de navires tandis que les unités de 25 000 EVP ne sont pas encore en vue. Certaines stations ont aussi enregistré une activité plus élevée de bateaux de croisière fluviale mais dont le volume est faible.

Les 30 stations, 22 en métropole et 8 en Outre-mer, comptent 331 pilotes dont 292 en métropole et 39 en Outre-mer au 31 décembre 2018. Le total des personnels salariés des stations atteint un total de 360 personnes se répartissant en 247 navigants, 14 dédiés à l’aérien, 99 sédentaires.

Une opportunité à saisir

La pyramide des âges des pilotes maritimes montre que 120 d’entre eux vont partir à la retraite entre 2020 et 2025, soit ceux dont l’année de naissance correspond à 1964, 1965 et 1966. Puis il y aura une nouvelle vague de départs entre 5 ans et 10 ans plus tard, ont expliqué les deux responsables de la FFPM. Cela signifie un besoin d’environ 100 recrutements sur 5 ans entre 2020 et 2025, soit 20 au lieu de 10 chaque année actuellement. Un objectif qui n’est pas impossible, à condition de conserver le pavillon et les armements français avec les marins et officiers qui vont avec. Autrement dit que les étudiants formés en France puissent naviguer le temps requis, soit 72 mois effectifs de navigation, pour après s’orienter vers le pilotage s’ils souhaitent évoluer. « Ce besoin de recrutement dans le métier du pilotage constitue une opportunité pour les étudiants et les marins à l’avenir », a souligné Jean-Philippe Casanova. La FFPM espère susciter des vocations pour le métier de pilote, indispensable aux activités maritime et portuaire mais particulièrement exigeant. Pour en montrer toutes les spécificités, la FFPM a d’ailleurs réalisé un film (voir ici).

Mettre en avant les spécificités du métier de pilote permet aussi d’en montrer les conditions d’exercice souvent complexes, sportives, stressantes et d’expliquer que 55 ans n’est pas un âge de départ à la retraite dépourvu de raisons fondées.

Aussi, dans le contexte de la réforme des retraites, la FFPM va suivre avec attention les propositions d’évolution vers un régime universel, ses principes conducteurs et le calendrier. Le syndicat sera vigilant sur la prise en compte de la pénibilité des métiers du maritime et veillera à son intégration dans la réforme qui sera soumise au Parlement avant ou après l’été. « Pour le moment, nous n’avons eu aucun contact ni avec le gouvernement ni avec un autre interlocuteur concernant la réforme des retraites, a précisé Jean-Philippe Casanova. C’est d’ailleurs toute la filière maritime qui est dans cette situation pas seulement la fédération des pilotes. Les discussions se déroulent pour le moment au niveau des confédérations pas des branches. Nous sommes ouvert à tout échange et à toute proposition de négociation sur tous les aspects de la réforme ».

Vigilance sur l’automatisation

Autre sujet que suit attentivement la FFPM, les travaux menés par l’organisation maritime internationale (OMI) concernant le développement des navires autonomes et aux évolutions des réglementations internationales et nationales en la matière. « Nous partons d’une feuille blanche sur cette question, a relevé Christophe Reux. La réflexion va parfois trop vite et ne prend pas en compte tous les éléments. Il faut être vigilant, fixer un cadre. L’automatisation avance mais les risques de piratage aussi ». Il y a aussi une dimension sociale et d’emploi avec la question des navires autonomes mais aussi qu’en sera t-il du sauvetage en mer ?

Enfin, la FFPM a pris connaissance du rapport sur le modèle économique des grands ports maritimes publié fin mars 2019. Pour Jean-Philippe Casanova : « Nous avons été très surpris de découvrir un passage sur le pilotage… Nous aurions apprécié d’être auditionné afin de pouvoir informer les auteurs des spécificités de notre métier, échanger avec eux sur les enjeux pour l’avenir ».

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